Djibouti : l’exception africaine

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Djibouti, ou République de Djibouti dans sa version officielle, est un pays situé sur la côte est africaine, au débouché de la mer Rouge. Il est voisin de l’Ethiopie, l’Erythrée et la Somalie. Territoire atypique en Afrique de l’est, ce pays né de la colonisation, devient un enjeu stratégique aux yeux des plus grandes puissances.

Après Madagascar, laisse-moi te présenter Djibouti et les opportunités qui s’y présentent pour un investisseur.

Carte d’identité du pays

Ancienne colonie française, Djibouti est un pays indépendant depuis 1977, mais le français et l’arabe reste les langues officielles. Toutefois, dans la rue, on parle plutôt le somali et l’afar.

Dans ce petit pays (23 200 km² et moins d’un million d’habitants), plus de la moitié de la population se concentre dans la capitale : Djibouti.

 

Tour d’horizon de l’économie du pays

Djibouti est une véritable position géostratégique dans une région où les conflits armés sont nombreux. La France et les Etats-Unis y disposent d’importantes bases militaires. La présence de ces armées rapporte beaucoup d’argent au pays.

Le port de Djibouti et le nouveau port de Doraleh représentent également un enjeu économique et stratégique majeur. La Chine s’intéresse de près à ce pays et y voit sa porte d’entrée vers l’Afrique.

C’est un des pays africains les plus riches, avec un PIB par habitant 3 à 10 fois plus élevé que celui de ses voisins. Cependant, le taux de chômage avoisine les 50% et près de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté (source FMI).

En dehors de l’argent des loyers militaires, l’économie du pays repose principalement sur le secteur tertiaire. Il y a peu d’activités industrielles, hormis le port de Djibouti. Quant à l’agriculture, dans un pays avec si peu de terres cultivables, elle est vraiment peu importante.

Vivre à Djibouti

Le fait de devoir importer beaucoup de denrées a un impact direct sur le coût de la vie. Il est plus élevé à Djibouti que dans d’autres pays africains.

Les loyers y sont relativement élevés, surtout si on veut un logement en dur dans un beau quartier. Ce sera moins cher pour une maison en tôle. Les appartements sont rares et très chers (autour de 750 à 900 euros de loyer mensuel pour un T3).

Le budget pour l’alimentation reste raisonnable si on mange local et qu’on évite les quelques supermarchés à l’européenne. Le budget électricité, par contre est un gros poste de dépense, surtout si on veut la clim’ en été (compte 40 euros par mois pour alimenter le minimum dans un petit logement : frigo + lumières + ventilateurs, triple la somme pour payer la climatisation). Internet et le téléphone représentent également un certain budget mais le réseau est plutôt fiable comparé à d’autres pays.

La monnaie locale est le Franc de Djibouti (DJF ou DF), 100 DJF = environ 0,5 euros. Cependant, pour le commerce international on préférera le dollar, parfois l’Euro ou le Dirham des Émirats arabes unis.

Formalités d’entrée dans le pays

Pour se rendre à Djibouti, le plus simple est de venir par avion. Il te faudra un visa de court séjour (3 mois maximum) pour pouvoir rentrer dans le pays. Il peut être obtenu notamment auprès de l’ambassade de Djibouti à Paris.

Si tu veux résider à Djibouti plus longtemps, il faudra une carte d’identité d’étranger permettant d’obtenir un visa d’un an renouvelable. Si tu exerces une activité professionnelle sur place, une autorisation de travail pour étrangers est également nécessaire. Elle est gratuite et renouvelable tous les 2 ans.

Pour les très courts séjours, il est également possible d’obtenir un visa de moins d’un mois (renouvelable 3 mois) auprès des ambassades et consulats de France à l’étranger. Pour cela, il faut présenter un passeport en cours de validité, un billet retour et la garantie de ressources suffisantes.

Avant de partir n’oublie pas de vérifier la mise à jour de tes vaccins et sur place prend des précautions d’hygiène. Djibouti est dans une zone à risque.

Djibouti pour les investisseurs

Le gouvernement djiboutien propose d’importantes réductions fiscales aux investisseurs étrangers.

Créer une entreprise est plutôt simple et peut être fait quelle que soit ta nationalité ou ton lieu de résidence. Nul besoin d’un partenaire djiboutien non plus. L’enregistrement se fait en 4 jours maximum et passe par le guichet unique de l’Agence Nationale de la Promotion des Investissements (ANPI). Au total la création se fait en 2 semaines.

Les investisseurs locaux et étrangers sont considéré de la même façon aux yeux de la loi et la liberté d’investir et d’entreprendre est la même pour tous, sur tout le territoire.

Les taxes et impôts pour les société

Plusieurs taxes et impôts sont redevables lorsque l’on possède une société à Djibouti :

  • La TVA : Elle est de 10% et s’appliquent pour toutes personnes physiques ou morales faisant un chiffre d’affaires égal ou supérieur à 50 millions de DJF.
  • Taxe intérieur de consommation : Elle est perçue sur l’ensemble des marchandises importées ou produites sur le territoire et destinées à y être consommées. Son taux dépend de la nature des marchandises (1 à 26%)
  • L’impôt sur les bénéfices professionnels : c’est un impôt annuel de 25% du bénéfice net des personnes physiques ou morales exerçant une activité non salariée dans le pays. Si le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 20 millions de DJF pour la vente de biens, ou 10 millions de DJF pour la vente de service, c’est un montant forfaitaire qui sera la base du calcul (sauf si l’entreprise demande à être taxée sur son bénéfice réel et peut fournir tous les justificatifs comptables).
    Si l’impôt calculé est inférieur à un minium forfaitaire de 1% du CA et 120 000 DJF minimum, c’est cet impôt minimum qu’il faudra régler.
  • L’impôt sur le revenu des personnes : il est prélevé à la source, sur l’ensemble des salaires et va de 2 à 30% selon une grille salariale.
  • Patente d’activité : Elle est due annuellement par toute personne exerçant une activité à Djibouti, sauf exceptions (pêcheurs, agriculteurs, activités de transbordement, avitaillement et réexportation, artistes, artisans, entreprises publiques à but non lucratif, entreprises bénéficiant d’un agrément au titre de Code de l’investissement…).
    Elle est constituée d’un droit fixe (allant de 7 500 à 16 millions de DJF) et dans certains cas d’un droit proportionnel sur la valeur locative des locaux de l’entreprise (0 à 60%). Ces droits sont calculés selon l’activité et la localisation.
  • Impôt foncier : il est à payer pour les propriétés bâties ou non.

Attention également : Djibouti n’a pas signé de convention de non-double imposition avec la France.

Attractivité du pays pour les investissements

Un certain nombre d’avantages fiscaux sont accordés aux entreprises qui investissent un minimum de 5 millions de DJF et créent un minimum d’emplois permanents.

Les entreprises créées dans la zone franche du pays, principalement des commerces maritimes, ne paient pas de taxes, excepté une taxe sur les salaires versés en dehors de la zone franche. Elles bénéficient également de la garantie propriété étrangère, de l’exonération des droits de douane sur les importation (marchandises et équipements) et de la possibilité de rapatrier 100% de leurs bénéfices. Créer une entreprise dans la zone franche est assez facile et ne demande pas de capital si c’est une succursale. Il faudra par contre 70 000 dollars pour créer une nouvelle entreprise.

Si on n’a pas d’entreprise spécialisée dans l’import/export, Djibouti est tout de même attractif d’un point de vue financier grâce à son système bancaire. C’est un centre financier offshore, c’est-à-dire un paradis fiscal pour les opérations internationales.
Il y a peu de taxes, voire pas du tout et peu, ou pas, de transmission d’information aux autres pays. Le secret bancaire, voire le secret tout court, prime. Y ouvrir un compte est facile, les frais bancaires sont minimes et on peut gérer ses services de bases par internet. Une bonne opportunité pour ouvrir un compte offshore.

 

J’espère que ce tour d’horizon t’auras convaincu de t’intéresser à ce petit pays africain pas comme les autres, que ce soit pour y passer quelques temps ou simplement pour un investissement offshore.

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